Pétrole : entre 30$ et 200$, où est le juste prix ?

(Boursier.com) — L’effondrement des cours du pétrole ces derniers mois a pris les marchés de court, et plus personne aujourd’hui ne se risque à fixer le juste prix d’un baril de brut…

Les maisons de courtage ne cessent de revoir en baisse leurs prévisions, à commencer par la très influente Goldman Sachs, qui est passée, le 13 janvier dernier, à 47$ le baril WTI en 2015 et 65$ en 2016, contre 75$ et 80$ précédemment. Un objectif rapidement atteint puisque le baril s’est installé ces derniers jours en-dessous des 47$, à 45,26$ mardi matin.

Interviewé sur la chaîne ‘CNBC’, le président de Goldman Sachs, Gary Cohn, a même estimé lundi que le baril pouvait désormais chuter jusqu’à 30$. « Nous sommes probablement dans le scénario le plus bas pour une longue période », a-t-il affirmé.

L’Arabie Saoudite détient la clé de l’énigme

De son côté, l’OPEP, qui a accéléré le plongeon du brut en novembre en maintenant sa production élevée malgré un contexte de surproduction, souffle le chaud et le froid… Lundi, son secrétaire général, Abdallah al Badri, a estimé dans un entretien publié par ‘Reuters’ que les prix pourraient avoir touché le fond. « Désormais, les prix sont autour de 45-55 dollars et je pense qu’ils pourraient avoir touché le fond et que nous pourrions très bientôt assister à un certain rebond », a-t-il poursuivi.

Dans le même temps, M. Al Badri a mis en garde contre une baisse durable des cours du brut, qui pourrait à terme provoquer une flambée des prix. Selon le patron de l’OPEP, le prix du pétrole pourrait ainsi atteindre 200$ le baril dans les années à venir, si les investissements dans de nouvelles capacités d’approvisionnement sont trop faibles.

La chute de l’ordre de 60% des cours de l’or noir depuis l’été 2014 a entraîné de la part des compagnies pétrolières des gels de projets ainsi que des réductions d’investissements et des baisses d’effectifs afin de s’adapter à la nouvelle donne. Les producteurs américains de pétrole de schiste notamment, sont affectés par cette guerre des prix déclenchée par l’OPEP, sous l’influence de son principal producteur l’Arabie Saoudite.

A noter que le président américain Barack Obama se rend ce mardi en Arabie Saoudite pour présenter ses hommages au nouveau roi Salman, après le décès du roi Abdallah, le 23 janvier dernier. Riyad a rapidement réaffirmé que cette transition du pouvoir ne changerait rien à sa politique pétrolière, et a confirmé à son poste le ministre de pétrole Ali Al-Naimi, le principal artisan de la politique actuelle de l’OPEP.

Victoria Adam — ©2015, Boursier.com